L’histoire familiale de Diego Schwartzman , opposé ce vendredi 9 octobre à Rafael Nadal en demi-finale du tournoi de Roland-Garros, a commencé en Europe au moment de la Seconde Guerre mondiale.

Tout le monde connaît Diego Schwartzman comme  joueur excellent mais rares sont les personnes qui connaissent son histoire. Son parcours et avant lui et celui de ses ancêtres méritent d’être racontés. Lors de la Seconde Guerre Mondiale, les arrière-grands-parents du sportif ont tenté de fuir l’Europe« Je sais que le grand-père de ma mère a réussi à descendre des trains de déportation et qu’il a trouvé un navire » confie Diego Schwartzman ce vendredi 8 octobre. Si cet arrière-grand-père a pu avoir la vie sauve, c’est grâce à un sérieux coup de pouce du destin : « l’attelage qui reliait deux des wagons du train s’est en quelque sorte rompu Une partie du train a continué à rouler, et l’autre est restée en arrière. Cela a permis à tous ceux qui étaient coincés à l’intérieur, y compris mon arrière-grand-père, de fuir pour sauver leur vie » » raconte le joueur, en janvier dernier au site Internet de l’ATP, l’instance de représentation des joueurs professionnels.

Diego se trouve contraint de vendre des bracelets en plastique afin de financer ses déplacements:

Ce n’est pas la seule péripétie rencontrée par la famille Schwartzman. Après les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale, vient le temps de la prospérité et le clan va faire fortune dans la joaillerie et le textile en Argentine. Jusqu’à ce que tout s’effondre brutalement. La crise économique et monétaire atteint le pays dans les années 90, et la famille se retrouve pauvre. Un coup dur pour le jeune sportif avec ses deux frères aînés et sa petite sœur, mais également sa mère, Diego se trouve contraint de vendre des bracelets en plastique afin de financer ses déplacements pour aller disputer des tournois de tennis locaux dans une Ford Taurus qui lui fait honte.

« Quand on y pense, avec le recul, c’était une situation difficile, se souvient Diego, dont le prénom a été choisi en hommage à la star du foot albiceleste de Boca Junior, Diego Maradona. Mais sur le moment, c’était marrant. »

Dès l’âge de 13 ans, il écume les tournois en Amérique du Sud voyage seul,

confiant « pleurer dans les avions car il se sent seul » mais l’adolescent s’endurcit : « Même si ces moments étaient difficiles, ils m’ont aidé à devenir un meilleur compétiteur. »