La vie n’etait pas facile pour elle. Plus jeune, Negzzia était un mannequin vedette qui faisait trembler les frontières des libertés accordées aux femmes en Iran. Mais elle a dû quitter son pays en trombe après avoir échappé à un viol terrible.

La liberté, l’égalité et la fraternité en ligne de mire. Le 1er octobre 2020, le mannequin iranien Negzzia a sorti un récit autobiographique alarmant aux éditions Le Cherche midi, intitulé Dis adieu à ton corps. Deux-cent-huit pages poignantes dans lesquelles elle raconte son exode, depuis son pays d’origine qu’elle a fui à la suite d’un choc terrible… celui qui a inspiré le titre de l’ouvrage. Photographe underground, la jeune femme de 30 ans est passée de l’arrière à l’avant de l’objectif, jusqu’à ce qu’elle accepte de poser nue et qu’un artiste tente d’abuser d’elle.

Dis adieu à ton corps, sale p***

« Il a essayé de me violer, mais j’ai réussi à m’échapper, se souvient-elle dans les colonnes du magazine Closer. Je ne pouvais pas porter plainte, car il est interdit de poser dénudée en Iran. J’ai eu peur que d’autres mannequins connaissent le même sort. J’ai donc mis des photos du photographe sur Instagram en expliquant ce qu’il avait essayé de faire. Il m’a envoyé un message lapidaire : ‘Dis adieu à ton corps, sale p*** » Depuis le plus jeune âge, Negzzia n’a que la vérité aux lèvres. Celle-ci lui a coûté très cher. Son bourreau, travaillant pour le gouvernement, aurait pu la faire arrêter et fouetter. C’est pourquoi elle a fuit en Turquie pendant un an, d’abord, puis en France… quitte à dire adieu à sa famille et à ses proches.

la rue m’a changée

En octobre 2018, Negzzia est arrivée à Paris. Une joie de courte durée puisque, sans carte de séjour, elle a été dans l’incapacité de trouver un emploi et un logement. « C’est une partie de ma vie que je n’oublierai jamais car la rue m’a changée, poursuit-elle. Maintenant, je vois les choses autrement. » Coup du sort, un journaliste de L’Express a relayé son histoire. Cet article est arrivé jusqu’aux oreilles de Christophe Castaner, notre ancien ministre de l’intérieur, qui a partagé ce parcours terrible sur Twitter. « L’asile lui sera naturellement proposé » précisait-il. C’est chose faite, après de long mois de combat et un petit coup de pouce de Marlène Schiappa. Depuis le mois de juin 2019, Negzzia peut enfin respirer. Sa situation s’est régularisée juste avant que le premier confinement ne soit déclaré. Espérons que la réouverture du pays lui offre toutes ses chances

interview fait par Closer le 30 octobre