Le chanteur dévoile ce vendredi son deuxième album, qu’il a voulu plus mature et travaillé que son premier opus. « Je ne fais pas de la musique fast-food », assure dans un entretien à l’AFP le chanteur Bilal Hassani, qui sort vendredi un second opus imaginé comme un opéra rock, avec des textes engagés.

Festif avec ses tonalités pop, l’album Contre-soirée explore notamment la difficile acceptation de soi, thématique centrale dans la discographie de l’ex-représentant de la France à l’Eurovision. Comme dans la chanson Fais le vide, que Bilal Hassani décrit comme « un hymne libérateur », où il appelle son public à « relever la tête » et « à ne pas se laisser tirer vers le bas ». Ou la chanson Tom, qui dénonce le harcèlement scolaire.

Bilal Hassani: « La musique pop peut véhiculer des idées fortes »

Si Bilal Hassani est aujourd’hui « bien dans (s)a vie » et qu’il est parvenu à trouver son public, le chemin, pour ce jeune homme (21 ans) a été long. Notamment à l’école où la « différence » de celui qui affectionne les perruques et les vêtements féminins avait fait de lui une cible de moqueries. Un vécu qu’il distille dans ses textes.

« J’essaye de véhiculer quelque chose de profond car je pense que la musique pop peut et a besoin de véhiculer des idées fortes. C’est pour ça que je n’aborde pas seulement des sujets liés à l’amour ou au désir… C’est important de parler de santé mentale ou de harcèlement à l’école », assure-t-il.

Des thématiques qui ont fait de lui un représentant de la communauté LGBT, parmi la jeune génération. « Je suis porte-drapeau, oui, mais le drapeau je l’ai dessiné, je l’ai peint, je l’assume. Et je suis avant tout maître de mon discours ».

Une représentation qui « fait du bien »

Un discours que Bilal Hassani a su peaufiner en partie grâce à ses nombreuses apparitions publiques et médiatiques, sous le regard omniprésent de sa mère, qui est aussi son manager, et avec laquelle le chanteur entretient une « relation fusionnelle ». S’il ne veut pas être réduit à son identité queer et à celle d’ « Arabe à perruque », il reconnaît toutefois que la représentation qu’il apporte à la scène musicale française, « fait du bien à des gens et c’est ça qui compte ».

Quant aux insultes et moqueries qui demeurent, notamment sur les réseaux sociaux, le chanteur, très présent sur TikTok (900.000 abonnés) et Instagram (598.000 abonnés), a pris le parti de s’en détacher, préférant mettre sa voix au service de combats « plus utiles ».

Un deuxième album plus travaillé

Un peu plus d’un an et demi après la sortie du premier album Kingdom de Bilal HassaniContre-soirée s’impose donc comme un opus plus travaillé sur la forme. « Le premier, c’était l’aboutissement d’une vraie dizaine d’années de préparation à lancer ma carrière même s’il a été écrit en trois semaines, contre plus d’un an de travail pour celui-ci », reconnaît le jeune homme. Marqué par l’utilisation de synthés ou de solos de guitare, l’album répond à une injonction fixée par le chanteur lui-même: faire de la musique qui aurait pu lui plaire il y a 10 ou 15 ans et qui pourrait encore lui plaire dans quelques années.

« Je ne fais pas de la musique fast-food. Je fais de la pop certes mais ce n’est pas de la musique ‘McDo’, dans le sens où je ne veux pas qu’elle soit consommée très vite et qu’on soit ensuite écoeuré », explique-t-il. Objectif relevé en douze titres pop et dansants.